LECTURE PUBLIQUE
NATALIE CLIFFORD BARNEY
Muse d'hier, légende de demain
L'Amazone du salon littéraire le plus couru de la Belle Époque reprend ses habitudes au 20, rue Jacob, et reçoit quelques grandes figures littéraires et artistiques du Tout-Paris.
Contestataire née, Natalie, en ces débuts des Années folles, vitupère dans ses écrits contre la moitié du genre humain, déplore la maigreur des femmes et la longueur de leur chevelure que la mode impose. Naturiste, adepte de l'équitation et de la gymnastique suédoise et ce, bien avant l'heure, la sportive Natalie conserve, dans sa mi-quarantaine, une forme resplendissante qui lui permet de recevoir pas moins de 100 invités pour un de ses vendredis dont la réputation n'est plus à faire.
Les vendredis de miss Barney, six au printemps et six autres à l'automne, ne se désemplissent jamais de jeunes "espoirs" littéraires venus d'Europe et d'Amérique. Divers échanges cosmopolites s'opèrent aussi à un autre niveau, puisque que la prêtresse du salon, en séductrice accomplie, y entraîne dans son sillage une suite importante "d'admiratrices" et de conquêtes.
Et vive la liberté et l’assurance sur tous les plans! Beauté, charme, santé, fortune et esprit, la vie de Natalie Barney (1876-1972) constitue une suite ininterrompue de plaisirs entre les femmes et les écrivains, une réalisation avant-gardiste en un temps où les femmes sont socialement et politiquement des citoyennes de seconde zone.
Journée de lutte contre l’homphobie
Dans le cadre de la Journée de lutte contre l’homophobie, les Loisirs Sacré-Cœur sont heureux de présenter une lecture publique vivante des plus belles pensées de Natalie Clifford Barney et portant sur les hommages que cette inspiratrice suscita tout au cours de sa vie.
En 1902, l’Amazone de Remy de Gourmont s’installe à Paris considérée alors comme la ville la plus accueillante aux minorités sexuelles. Elle loge ses pénates dans l’ancien pavillon de la comédienne Adrienne Lecouvreur situé au 20, rue Jacob, y tient salon ainsi que des fêtes strictement réservées aux femmes, qu’elle organise dans son jardin au milieu duquel s’élève un petit temple grec, le célèbre « Temple de l’Amitié ».
Natalie fait plus que quiconque pour réunir les communautés de femmes littéraires de Paris, tout en vivant ses amours féminines au grand jour. D’une honnêteté sans égale dans l’expression de son amour des femmes, elle dira d’ailleurs: « À douze ans, je savais exactement ce que j’aimais et j’étais fermement décidée à ne pas me laisser détourner de mes goûts. Je pensais à moi sans honte; on ne reproche pas aux albinos d’avoir des yeux rouges et des cheveux blancs, pourquoi me reprocherait-on d’être lesbienne? ».
Modèle d’affirmation, l’hommage à Natalie Barney s’impose de lui-même, puisqu’il incarne un lesbianisme convivial, positif et ouvert sur le monde. En représentant NATALIE CLIFFORD BARNEY Muse d'hier, légende de demain, créée en l’an 2000, nous souhaitons que cette mise en lecture biographique soit porteuse d’une démystification de l’homosexualité féminine pour les un-e-s et d’espoir pour les autres.
À voir donc!
Pour information : Rolande (514) 872-2928 ou r.anctil@look.ca
Texte : Rolande Anctil
Mise en scène : Luc Dubreuil et Ricky Tremblay
La Journée nationale de lutte contre l’homophobie est une initiative de la Fondation Émergence qui travaille à l'épanouissement des personnes homosexuelles, à leur inclusion dans la société et à faire la lutte aux préjugés :
www.emergence.qc.ca /
www.homophobie.org /
www.ncbarney.org